LA DIPLOMATIE DU RNS EN ŒUVRE :Dr KALALA RENCONTRE MONSIEUR MICHET TERROT A LYON
Lyon (France)
Lundi 7 novembre 2005
Le lundi 7 Novembre 2005, le président national du RNS, l’Honorable Alafuele MBUYI KALALA, qu’accompagnait le chargé des relations extérieures du RNS, a rencontré son homologue français, le député UMP Michel TERROT, président du groupe parlementaire d’amitié France-RDC. Lors de cette entrevue, les deux députés ont fait le point sur la situation politique en République Démocratique du Congo (RDC). Ils ont particulièrement évoqué ensemble les problèmes relatifs à l’organisation des élections en République Démocratique du Congo et à l’avenir de la RDC après les élections.
M. TERROT, qui connaît bien la situation politique de la RDC, a voulu avoir l’avis du président national du RNS sur la possibilité d’organiser, dans les conditions actuelles, des élections libres et transparentes en RDC.
Abordant la question, M. KALALA a d’abord demandé à son interlocuteur de bien vouloir accepter d’être le porte-parole du peuple congolais dans la Communauté internationale et surtout au sein de l’Union européenne qui est du reste le premier financier du processus électoral en RDC. M. Kalala a souligné le fait que, si la communauté internationale veuille réellement aider le Congo à retrouver sa place sur le continent africain et dans le monde, la communauté internationale devrait se préoccuper d’abord d’aider la RDC à se doter d’une armée nationale unifiée et républicaine capable de sécuriser le territoire de la RDC, ses habitants et leurs biens. Il a donc mis un accent particulier sur le fait qu’une véritable intégration des factions armées des anciens belligérants est un préalable essentiel à l’organisation des élections et que c’est seulement après une telle intégration que l’on pourrait envisager l’organisation des élections libres et transparentes, lesquelles élections pourraient être en mesure d’aider le Congo à résoudre une fois pour tout le problème de la légitimité politique qui hante ce pays depuis bientôt un demi-siècle. Il a, à ce propos, fait remarquer qu’aller précipitamment aux élections dans les conditions actuelles de la RDC risquerait de faire connaître au Congo le sort de l’Angola. En effet, en 1994, l’Angola avait organisé des élections qui ont opposèrent le président Eduardo Dos Santos (MPLA) à Jonas SAVIMBI de l’UNITA. Mais, comme l’intégration des factions armées ne s’était pas réellement fait, à l’issue des élections dont Jonas Savimbi contesta les résultats, l’Angola sombra dans une guerre davantage meurtrière qui dura jusqu’à la mort de SAVIMBI, pratiquement une dizaine d’années plus tard.
Dr KALALA considère donc que l’une des mesures essentielles pour permettre la tenue des élections dans un contexte exempt d’intimidation et d’atteintes aux droits humains est l’intégration des anciens groupes armés au sein d’une nouvelle armée nationale républicaine et apolitique et la démobilisation des individus en surplus ou qui ne correspondent pas aux exigences de la nouvelle armée intégrée. Le succès de ce processus est crucial pour améliorer la sécurité et renforcer la stabilité dans le pays, ainsi que pour promouvoir le contrôle gouvernemental sur les forces de sécurité sur l’ensemble du pays. Pourtant, bien qu’ils aient signé l’accord global et inclusif qui insistait sur cette mesure, les anciens belligérants ont fait preuve d’une extrême réticence pour démanteler leurs structures militaires qui constituent pour beaucoup d’entre eux la base principale de leur pouvoir.
Réagissant aux propos du président du RNS, le président du groupe parlementaire d’amitié France-RDC souligna que le Congo est un pays magnifique qui regorge beaucoup de ressources naturelles, lesquelles ressourcent devraient lui permettre de jouer un rôle important en Afrique. Pour ce faire, il a recommandé qu’il faudrait que les politiciens congolais, ceux qui sont au gouvernement et ceux qui sont en dehors du gouvernement, travaillent tout ensemble pour assurer la stabilité du Congo et le remettre sur la bonne voie. M. Terrot a fait remarquer qu’il faudrait, en tout cas, commencer par quelque chose, et, à son avis, cela peut-être les élections.
Le président du groupe parlementaire d’amitié France-RDC a ensuite souligné que la France veut s’impliquer nettement dans le processus d’observation de prochaines élections en RDC, afin de permettre à la république démocratique du Congo d’avoir les élections libres, transparentes et démocratiques. 
Concernant le recensement de la population, M. Terrot a été surpris d’apprendre du président national du RNS qu’il n’y a pas eu de recensement de la population mais seulement l’identification et l’enrôlement des électeurs ; un fait qui a engendré des distorsions importantes dans le processus électoral, dans la mesure où il est difficile, dans les conditions actuelles, de déterminer le nombre des électeurs potentiels dans le pays et où l’on ne va pas disposer d’une base fiable pour la répartition des sièges dans les circonscriptions électorales.
Le président national du RNS a aussi informé le député français des clauses anti-démocratiques que le parlement de transition considère d’adopter dans le cadre du code électoral, comme, par exemple, l’exigence, pour un candidat aux élections parlementaires, de payer une caution de 1000 (mille) dollars ; Et ce, dans un pays où le revenu annuel moyen par tête d’habitant est seulement d’environ 100 (cent) dollars. Selon le président du RNS, c’est une façon de manipuler le processus en excluant des gens qui n’auront pas le moyen de payer une telle caution mais que le peuple pourrait soutenir et se donnant la possibilité d’être les seuls à présenter des candidats que l’on va soutenir avec des ressources puisées dans la caisse de l’Etat.
Parlant des après-élections, Dr KALALA soulignera que, si l’armée n’est pas unifiée avant les élections, les belligérants d’hier, qui sont aujourd’hui au gouvernement, vont très probablement reprendre les armes, d’autant plus qu’ils s’avèrent qu’ils ont tout gardé leurs meilleures milices en resservent pour que, si les choses ne marchent pas en leur faveur, ils puissent s’en servir.
Pour terminer, M. KALALA a renouvelé, à l’intention de son homologue français, sa demande de le voir accepter d’être, dans la communauté internationale et au sein de l’Union européenne notamment, l’un des porte-parole de ce peuple qui a énormément souffert au cours du siècle dernier et qui continue encore tristement à souffrir. Il a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de faire pression sur les gouvernants congolais pour la formation, dans les meilleurs délais, d’une armée unifiée, républicaine et apolitique, et pour leur engagement réel à l’organisation des élections libres et transparentes, lesquelles élections restent la seule condition pour espérer se donner la chance et les moyens de mettre fin à cette crise profonde et multiforme qui sévit au Congo depuis plus de quarante ans et qui compromet l’avenir, non seulement de l’Afrique centrale et de la région des Grands Lacs, mais voir de l’ensemble du continent africain.
Par Maître Didier KANKU
Responsable des relations extérieur du RNS
|